Copy
La newsletter pour comprendre la transformation numérique, et plus si affinités.

Vous êtes désormais 1510 abonné•e·s à suivre cette lettre. Merci infiniment pour votre intérêt. Si vous découvrez cette lettre aujourd'hui,  abonnez-vous ici pour ne pas manquer les prochaines. À très vite.

💌 Vous et Moi

Ce week-end j'ai écrit un énorme article sur le MaaS, ou Mobility as a Service. Je pensais faire plus court, mais il y a tellement de sujets derrière ce concept que j'ai préféré prendre le temps de dérouler. Une version pdf est prévue : si vous voulez en bénéficier, faites-le moi savoir par retour de mail. La version web est ici :  Le MaaS en questions
 

Ça s'est passé cette semaine 
 

Souvenez-vous, c’était avant les années 2020 : les restaurants étaient encore des lieux avec une salle, des serveurs et des cuisines que l’on apercevait parfois depuis sa table. Parfois, le chef en sortait même pour saluer les clients. 

Que s’est-il passé pour que “manger sans faire la cuisine” ne rime plus avec “aller au restaurant” ?

Le mouvement a commencé avec le boom de la livraison de repas. Avec le changement de modes de consommation, la livraison de repas s’est généralisée dans certains milieux et certaines générations. Pourquoi aller au restaurant quand je peux me faire livrer mes plats sans attendre et sans payer plus cher ?  E-commerce et pratiques de mobilité : regards croisés entre Paris et New York City

Dans un mouvement désormais bien connu des lecteurs·ices de cette lettre, le secteur s’est plateformisé. Après tout, pourquoi vouloir limiter son choix à des restaurants qui existent physiquement, puisque je n’y vais jamais ? Peu m’importe si le restaurant existe physiquement  tant que les sushis sont bons.  

Il n’en fallait pas plus pour que des entreprises de livraison comme Deliveroo créent des “ghost kitchens”  : des cuisines bien réelles mais servant des restaurants virtuels sans cuisine et sans salle, disponibles uniquement en ligne. Ces cuisines peuvent servir aussi de “débordement” pour des restaurants bien réels mais dont les cuisines sont sous-dimensionnées. Avantage ? Pas besoin d'utiliser de précieux mètres carrés dans les secteurs les plus courus des centre-ville pour faire la cuisine, et la possibilité de mutualiser les équipements.

Conséquence : un fort développement des “marques de restauration” (food brands), qui peuvent désormais se lancer en quelques semaines sans avoir besoin d’investir ni dans une cuisine ni dans une salle. Les services de livraison feront le reste. How ghost kitchens are changing the restaurant industry

À Londres, des startups proposent des cuisines partagées à ces marques qu’elles peuvent louer pour quelques heures. C'est le co-cookingKarma Kitchen : a dark kitchen startup to watch

Vous avez dit : “ubérisation” des restaurants ? Ce n’est pas un hasard si Travis Kalanick, le très décrié fondateur d’Uber, s’est reconverti dans le développement des ghost kitchens. Sa dernière startup, Cloud Kitchen, vient de lever 400 millions de dollars pour se développer dans le monde entier. Le boom des repas livrés bouleverse les restaurants américains


Le choix du nom “cloud kitchen” n’est pas un hasard : la comparaison entre ce qui se passe dans la restauration et ce qui s’est passé dans l’informatique depuis 20 ans est tout à fait pertinente. Cet article est désormais un classique. Pizza as a Service 2.0

 Et aussi
 

Les services de restauration en ligne utilisent des techniques d’intelligence artificielle pour proposer des restaurants, des menus ou des plats correspondant aux goûts des utilisateurs. Ce sont justement ces technologies qui sont sur le grill cette semaine dans un autre secteur (désolé pour le jeu de mots).

Apple vient de lancer sa “Apple Card” aux États-Unis, une carte qui permet d’obtenir des lignes de crédit et des promotions sur de nombreux services. Pas de rendez-vous en agence, pas de paperasse, tout se passe en ligne et Apple gère les relations avec les services bancaires partenaires - Goldman Sachs et Mastercard. Trop chouette ? Manque de chance, lorsqu’un des plus gros influenceurs de la tech veut tester le service, il découvre que sa femme bénéficie sans aucune explication de 20 fois moins de crédit que lui-même. Accusant l’entreprise à la pomme de “sexisme”, il met en évidence ensuite la mécanique implacable des algorithmes de “credit scores”, dont personne, même les plus hauts cadres d’Apple, ne semble savoir comme ils fonctionnent.  David Heinemeier Hanson (à dérouler)

Dans un monde où l’on nous promet toujours plus d’ “intelligence artificielle”, cela a de quoi nous interpeller. Va-t-on remplacer les biais et préjugés humains par ceux d’une machine ? C’est l’amère expérience qu’on fait des ingénieurs d’Amazon il y a quelques années. Après avoir créé une “IA” capable d’étudier les candidatures pour des postes d’ingénieurs, ils ne purent que constater que le programme reproduisait et accentuait les biais déjà constatés auparavant : le programme privilégiait systématiquement les candidatures d’hommes. La faute à un “entraînement” de ce programme sur la base...des recrutements précédents. Il n’y a pas de technologie neutre...Amazon Created a Hiring Tool Using A.I. It Immediately Started Discriminating Against Women.

Et s’il fallait encore un exemple, celui, caricatural, d’un robot de conversation (chatbot) créé sur Twitter par Microsoft. Utilisant lui aussi le machine learning, la capacité d’”apprendre” par l'observation de ses utilisateurs, le programme fut rapidement pris à défaut. En quelques heures, le chatbot devint raciste et xénophobe, pris au piège tendu par ses interlocuteurs. Twitter taught Microsoft’s AI chatbot to be a racist asshole in less than a day

  On a aimé
 

Que donnerait une ville conçue pour les femmes ? Commodités, espaces publics, transports, comportements,... des urbanistes barcelonaises nous expliquent ce qui doit être changé, exemples à l’appui. What would be a city designed for women ?

En Estonie, la police a inventé une nouvelle manière de pénaliser les automobilistes en excès de vitesse. Excellente utilisation de la psychologie. Estonia has a new way to stop speeding motorists

Pour finir en beauté (et en hauteur), on vous propose de passer 10 heures dans la peau de Thomas Pesquet, là-haut dans l’espace. Le bruit du vent spatial est impressionnant. Earth Views & Deep Space Audio

***

Si vous avez apprécié cette lettre, vous pouvez la partager avec des proches 💌 Je fais plaisir à quelqu'un en lui conseillant de s'abonner.

À la semaine prochaine !

Stéphane

 

Partagez
Forward
Share
Tweet
...et visitez notre blog : 15marches.fr/blog
Vous avez aimé cette newsletter ?
Abonnez vous !
Licence CC-BY 15marches - Archives
Pour ne plus recevoir la newsletter vous pouvez vous désinscrire

Email Marketing Powered by Mailchimp