Copy
Que s'est-il passé dans la communication de la santé le mois dernier ?
Voir cet email dans votre navigateur internet
A circonstances exceptionnelles, édito exceptionnel. Nous souhaitons vous parler d'un sujet qui nous semble être un angle mort de la communication des acteurs de santé. S'il n'y a qu'une chose à retenir de cette lettre, ce sont ces quelques paragraphes sur la santé mentale.

Chaque jour nous attendons les chiffres de Santé publique France sur notre département, nous scrutons les fermetures de lits, nous spéculons sur la prochaine annonce gouvernementale, "le couvre-feu, à 19h ou 21h tu penses ?", tout est question de chiffres, de si on peut aller au restau, de si c'est raisonnable d'aller voir ses parents. Nous sommes en permanence en train d'évaluer la pandémie, mais jamais de nous demander comment nous la vivons. Le premier impensé de cette crise est son impact sur la santé mentale : des soignant.es, qui vont décompenser en pleine deuxième vague, des patient.es du Covid-long ou d'ALD dont le parcours de soins est bouleversé, du grand public qui retourne dans le confinement et des précaires pour qui cela signifie une impasse financière.

Le podcast d'actualité de 20 Minutes, Minute Papillon !, dédie un épisode à la question : comment gérer psychologiquement la crise, avec toutes les annonces qui rajoutent chaque jour des couches ? Il faudrait accepter de ralentir, de prendre du recul pour reconnaître les opportunités dans la crise : les rapports humains se sont resserrés, le confinement permet de réfléchir à une nouvelle pratique du monde, et puis "la vie ce n'est pas stable, la vie est pleine de mouvement et de changements", d'abord.

Cette analyse ne convient pas : elle n'explore ni les causes ni les symptômes de l'anxiété, et demander des efforts individuels ne constitue pas une politique viable de santé publique. France Culture apporte un éclairage précieux en s'entretenant avec Patrick Peretti-Watel, sociologue à l'INSERM. On y apprend notamment que 18% de a population française souffre d'anxiété (28% chez les 18-34 ans, 31% chez les personnes en situation financière très difficile). Face à ce constat, cette tribune dans The New Republic tape juste : on ne traite pas l'impact mental d'une pandémie en recommandant aux gens de s'habiller ou de voir le bon côté des choses.

Ce n'est pas parce que nous sommes en pyjama que nous avons du mal à nous concentrer : c'est parce que nous nageons dans l'incertitude, dans les décomptes de morts et que nous n'arrivons pas à savoir vers qui nous tourner pour reprendre appui. Tout le monde connaît les gestes barrière, mais qui nous explique comment gérer le deuil et le sentiment de danger ? La PQR relaie les campagnes de dépistage, mais où est l'équivalent pour des consultations psy ? La communication des acteurs de santé ne doit pas ignorer ces questions.

// Les relais d'opinions

📈 LA PREUVE PAR TROIS
Le péril jeune 

Tout le monde devrait voir ce graphique de Covid Tracker qui raconte en chiffres comment, en trois mois, le virus est revenu via les jeunes adultes chez les séniors
Le cas de l'enseignement supérieur

Elles ont été au cœur de l'attention tout au long de septembre avec la rentrée : les écoles et universités ont mis octobre à profit pour multiplier les campagnes d'affichage, et les établissements de santé s'adressent parfois à leurs élèves :
| RÉSEAUX SOCIAUX : Plus le temps passe et plus je suis convaincu qu'un thread Twitter est le meilleur moyen de donner une explication pédagogique de chiffres. Dernier exemple avec Guillaume Rozier, le créateur de CovidTracker (voir plus haut), qui explique d'où vient le chiffre de "seul 1 cas sur 2 de Covid-19 est détecté". Un thread qui fait se demander à La Dépêche si la seconde vague sera pire que la première. °°° | SUR LE GRILL : franceinfo: livre un intéressant lexique de 9 acteurs de santé publique qui font les titres depuis  mars : de l'Académie nationale de médecine aux ARS, chacun passe à la grille du "quoi, qui, missions, poids". Une lecture qui permet de retrouver des repères, alors qu'on a l'impression que tout le monde s'exprime au même niveau et avec les mêmes intentions sur la crise. °°° Franck Chauvin, président du Haut conseil de la santé publique, avait déclaré devant la commission d'enquête du Sénat ne plus souhaiter s'exprimer dans les médias, dénonçant le "populisme scientifique" de ces derniers, s'intéressant plus aux tweets qu'aux faits (vidéo sur Public Sénat). Revirement de doctrine : il commente l'allocution présidentielle d'hier sur France Bleu, et dénonce un "échec". °°° | 💬 : Dans CBNews, Gauthier Auverlot, consultant à La Netscouade, fait le constat de l'écart entre l'innovation bouillonnante du secteur de la santé et la relative  routine dans laquelle se trouve la communication santé. Et une proposition que je partage depuis un moment : il faut partir des patient.es, de leur vécu et de leurs attentes pour créer des campagnes qui suscitent l'émotion. °°°

// Les outils

PAS LE TEMPS DE NIAISER ❌
Faut-il dire merde aux anti-masques ?

L'Office du tourisme berlinois l'a tenté avant de retirer sa campagne.
Est-ce ainsi qu'on convaincra les anti-masques ? J'en doute.
OCTOBRE ROSE 📰
La nostalgie comme outil de prévention
Le CHU de Lille publie une très bonne campagne pour Octobre Rose en traduisant le "plus de 50 ans" du dépistage en souvenirs.
| HASHTAGS : #TousMobilisésTousConcernés, hashtag principalement utilisé pour les personnes en situation de handicap jusqu'au début de l'année, réutilisé depuis par le CHU de Toulouse avec un message simple : "On fait notre maximum, mais aidez-nous". Après avoir applaudi, il est temps d'écouter les soignant.es. °°° L'Agence de la biomédecine lance une nouvelle campagne de sensibilisation au don d'organes, avec un spot diffusé en TV, radio et réseaux sociaux (agence : DDB, via CBNews). Le plus intéressant est la nouvelle tagline, #UnLienQuiNousUnitTous, repris par des établissements de santé et associations de patient.es. La campagne est prolongée sur les réseaux sociaux par des chiffres et incarnations de soignantes qui apportent davantage de raisons d'y participer. °°° | CAMPAGNES : L'AP-HP, avec le soutien de l'ARS Île-de-France, lance le podcast Partenaires particuliers (produit par l'agence Double monde) : une fiction qui explique l'éducation thérapeutique au moyen d'entretiens avec des soignant.es et patient.es. °°° Harmonie Mutuelle choisit Europe 1 Studios pour lancer son podcast "Marques de Famille" : 9 épisodes de 15 minutes, où des dirigeant.es d'entreprises sont interviewé.es sur la façon dont leur structure protège la santé de leurs salarié.es. Les contenus sont cependant peu exploités : pas de landing page, ni partage sur les réseaux sociaux de la marque. °°° L'agence Les Présidents conçoit la campagne de l'Assurance Maladie pour la campagne de vaccination contre la grippe, avec pour parti pris la protection des personnes fragiles : "Nous ne sommes pas tous égaux face aux virus" (via CBNews) °°° L'AP-HP lance également sa campagne d'incitation à la vaccination, à la différence près que sa CME a appelé ses soignant.es à se faire vacciner. Ce sont donc les personnels qui témoignent de l'importance de se faire vacciner, plutôt qu'une injonction morale à protéger les personnes fragiles. °°° | VISUELS : Après avoir épuisé le registre institutionnel, les campagnes de sensibilisation aux gestes barrière passent à l'informel : HCL, ARS Grand Est °°° Ici Barbès réalise le rapport d'activité de l'Institut National du Cancer cette année, sous forme d'un fluidbook - et je me demande bien à quoi ressemble la version print. °°°
Merci d'avoir lu cette newsletter ! Si vous souhaitez partager des initiatives que vous avez menées, répondez à ce mail et nous en parlerons dans la prochaine édition 📰
Partager Partager
Tweeter Tweeter
Faire suivre Faire suivre
Partager Partager
Si vous découvrez cette newsletter grâce à un·e ami·e ou un lien partagé sur les réseaux sociaux, vous pouvez vous abonner ci-dessous 💌 : 
Abonnez-vous à cette newsletter
A propos Canévet et Associés est une agence de conseil stratégique en communication fondée en 2015, avec des bureaux à Paris et à Nantes. Nous auditons et conseillons la stratégie de communication des acteurs du secteur public et déployons leurs approches en relations presse, Web et réseaux sociaux.

Copyright © 2020 Canévet et associés, All rights reserved.


Vous souhaitez modifier la façon dont vous recevez ces newsletters ? 
Vous pouvez mettre à jour vos préférences or vous désinscrire cette liste

Email Marketing Powered by Mailchimp
Facebook
Twitter
Website
LinkedIn
Instagram